Stèle Maurice Raindorf

Militant antifasciste engagé dans la presse clandestine

Lieu

Avenue Brugmann (près du square des Héros)

Année

±1947

Peu d’ucclois connaissent l’histoire de ce petit square situé à l’angle du Dieweg et de l’avenue du Wolvendael et dédié au résistant juif Maurice Raindorf, exécuté par le régime nazi. Inauguré le 4 septembre 1989, à l’occasion des célébrations du 45e anniversaire de la libération de la Commune, le sobre monument fut dévoilé en présence de René Raindorf. Ce dernier était, au même titre que son frère et que son père, résistant et déporté. Après la guerre, René Raindorf s’est engagé comme militant des droits humains et passeur de mémoire en devenant notamment le premier belge au Comité international d’Auschwitz et l’une des chevilles ouvrières de la Fondation Auschwitz.

Fils d’Israël-Zisel Raindorf et de Sara Grabina, réfugiés politiques de Pologne russe, Maurice Raindorf nait à Bruxelles le 16 février 1909. Il fréquente l’Ecole communale d’Ixelles et poursuit ses études secondaires à l’Athénée de Saint-Gilles. Militant antifasciste avant-guerre auprès des Jeunes Socialistes puis de la Section d’Uccle du Parti Ouvrier Belge, Maurice Raindorf s’engage sous l’Occupation dans le groupement socialiste clandestin fondé par Camille Van Eukem et Freddy Legrand. Il y met à profit son accès aux machines d’impression et de duplication de la firme Gestetner, dont il est représentant, pour produire et diffuser des journaux de presse clandestine. Il fait ainsi renaitre, l’été 1941, Le Peuple sous forme ronéotypée puis participe à la confection et au tirage d’une version de La Libre Belgique. Il rejoint aussi le service de renseignement Zéro où il occupe le grade de lieutenant SRA.

Son nom ayant été révélé sous la torture, la Gestapo découvre un dépôt de journaux clandestins à son domicile, avenue Floréal. Le 20 septembre 1941, lui et son épouse, Lucy Tassin, alors enceinte sont arrêtés. Après plusieurs mois et suite à l’intervention discrète de S.M. la reine Elisabeth, son épouse retrouve la liberté. Défendu par Me Frédéric Eickhoff devant le Conseil de Guerre allemand, Maurice Raindorf est condamné à mort en décembre 1941. Il est détenu à Saint-Gilles jusqu’à sa déportation Nacht und Nebel, le 28 juillet 1942, vers la prison de Bochum, puis est transféré à Cologne où il est exécuté par décapitation, le 18 mars 1943.

Au cours de son incarcération, Maurice Raindorf ne révéla ni noms ni informations à l’ennemi, assurant ainsi le redéploiement rapide des activités de son réseau et le salut de ses compagnons de résistance. En lui dédiant ce square et ce monument, la Commune d’Uccle a voulu honorer la mémoire, le courage et l’engagement en faveur de la liberté de ce résistant belge.

– DIDERICH Maurice, « Raindorf, Maurice » in Nouvelle Biographie Nationale, Volume 7, p.281
– STATE, Paul F. Historical Dictionary of Brussels. Scarecrow Press, 2004.
– « Keulen – 53 Belgische NN-gevangenen waarvoor het doodsvonnis werd uitgevoerd », Herinneringmemoire.be voor slachtoffers van het nationaalsocialisme, https://www.herinneringmemoire.be/lijsten/Gexecuteerden/Lijst-Belgen-exe-genade/Belgen-Exe Keulen-Gemeente.htm. Consulté le 2 octobre 2023
– Archives Générales du Royaume, AA 2445, Archives Frédéric Eickhoff, Dossier 1138, Raindorf Maurice & Lucie

Découvrez aussi